Soirée #6 – Sophie Sainrapt et Mylène Vignon – 10 avril 2018


6eme soirée  de la Galerie de Vénus et cette fois ci deux artistes invitées ! Nous vous attendons toujours aussi nombreu-ses-x pour venir nous rencontrer et discuter d’art et d’érotisme en présence d’artistes avec ce mois ci de la lecture de poésie et de la peinture.

Sophie Sainrapt – Biographie

Sophie Sainrapt est née à Neuilly-sur-Seine vers 1960 comme on va vers la mer. Elle vit un peu, « fait son droit », obtient un DEA d’Études Politiques tandis que, de 1988 à 1994, elle se forme à la peinture et à la sculpture chez Hashpa et Alain Marie avec qui elle découvre le métier, le vrai..

Son expression artistique se tourne essentiellement vers la représentation du corps féminin. Elle ajoute le crayon, le fusain et les matériaux liquides à sa palette.

En 1999, elle s’initie à la céramique ; elle y consacrera bientôt une partie de son talent. Elle développe de plus en plus son travail sur le nu, la sensualité et bientôt, l’érotisme.

Au début des années 2000, grâce à la rencontre de Pascal Gauvard et Nicolas du Mesnil du Buisson, fondateurs de l’Atelier Pasnic, Sophie découvre la gravure. Son imagination déborde, s’enflamme, et elle expérimente toutes sortes de techniques, des plus anciennes aux plus modernes. Avec Nicolas, elle grave son premier ouvrage de bibliophilie à partir des poèmes érotiques de Verlaine Les amies, Femmes et Hombres. Suivront une vingtaine de livres d’artiste – de gravures chez Pasnic et de dessins avec Le Renard pâle – dont la majorité inspirés de poésie érotique : Georges Bataille, Pierre Louÿs, Renée Vivien, Arrabal…

Sa palette continue de s’enrichir de couleurs chaudes : orange, pourpre, jaune indien, qui explosent et transcendent le nu. Plusieurs séries de lavis, peintures et fusains déclineront son thème favori : les femmes. « Du modèle dévêtu devant elle, Sophie ne transcrit le plus souvent qu’une partie. Des traits du fusain que rejoignent les coulures du pinceau ; c’est avec son corps que Sophie peint, avec son cœur que ses nus féminins se transforment et exultent. »  (Mylène Vignon)

Des dizaines d’expositions personnelles et collectives en salons et en galeries jalonnent son parcours – montrant peintures, dessins, gravures et céramiques – dont deux à Pékin en 2017 (L’Est éveillé/L’Ouest émerveillé et chez l’artiste Ya Ping Fan). Plusieurs de ses œuvres ont rejoint des collections publiques.

Sept ouvrages grand public sont consacrés à son travail : Les rires d’Eros et Effeuiller (Area Éditions, 2009 et 2012), Femmes du Monde (Critère Éditions, 2013), Sophia Erotica (11-13 Éditions, 2014), Variations sur Hieronymus B. en hommage à Jérôme Bosch et Les quatre petites filles, d’après la pièce de théâtre éponyme de Picasso, Nue face au monde (Éditions L’œil de la femme à barbe, 2016 et 2017).

Œuvres

Confitures libertines
Abricot
30×40 cm -2017


Clitoris d apres le poeme d’Arrabal
21 x30 cm
2008
Biz

Sites internet

www.sophiesainrapt.com

 

Mylene Vignon – Biographie

e suis née dans une famille qui aimait et fréquentait les artistes. Mon père, fonctionnaire dans une administration, s’occupait dans sa ville de province, de la direction du comité des fêtes. Il faisait alors appel à des artistes lyriques ou à des comédiens. Nous recevions ces lumineuses personnes à la maison, accueillies à bras ouverts par ma mère qui se mettait au fourneau. C’est ainsi que tout naturellement, à ma naissance, je fus nommée filleule d’une chanteuse  lyrique et d’un artiste peintre.

Très vite, ce fut la guerre d’Algérie et nous avions une voisine qui ayant perdu son adjudant-chef de mari, pleurait devant une petite photo déjà bien endommagée. Je lui ai proposé de faire appel à mon parrain pour un portrait en pied. L’affaire conclue, le tableau fut tellement réussi, que mon parrain croula sous les commandes.

Après avoir accompli des études d’histoire de l’art et de lettres modernes, je me suis consacrée pendant quelques années à mes deux enfants. Par le hasard des mutations, je me suis retrouvée à Chartres,  habitant un ancien monastère face à la cathédrale. Mon voisin était Henri de Beauvoir, cousin germain de Simone. Autour du vieux monsieur qui ne refusait jamais de partager sa correspondance de cousinage, j’ai eu l’idée de fonder un cercle littéraire. Ce fut ma toute première expérience avec le monde de l’écriture. Je me rapprochais alors de Proust, en allant relire « La recherche » dans le petit jardin d’Illiers–Combray, tout en dégustant des madeleines.

Un peu plus tard, nous sommes partis à Tours. Là, une autre réalité littéraire s’est affichée en écran géant sous mes yeux.  À peine le camion de déménagement posé devant mon immeuble du boulevard Béranger, je suis partie jusqu’à Saché, pour me précipiter à la rencontre de Balzac, au cœur de la Vallée du Lys.

Allait commencer en Touraine une longue et heureuse tranche de vie qui aura duré dix ans. J’étais proche des créateurs les plus prestigieux. J’organisais à l’époque des rencontres artistiques dans mon appartement, afin de partager les talents. C’est ainsi qu’au début des années quatre-vingt-dix, j’ai eu le privilège de rencontrer Olivier Debré, qui allait m’inspirer un essai : rencontre avec Olivier Debré- La ferveur de l’être : Éditions Unicité.

En1996, je suis arrivée dans la capitale afin de me consacrer à mes passions, l’art et l’écriture.

Suite à la visite chez moi d’une personne qui travaillait dans l’enceinte de l’Union Européenne, j’ai appris que la France allait présider l’Europe, l’hiver 1999. Je venais de rencontrer dix femmes sculpteurs qui travaillaient de concert dans une chapelle à Neuilly. J’ai immédiatement pensé  à présenter un dossier au Parlement Européen ; Il restait environ deux ans et demi avant l’échéance, c’était jouable. Il fallait être parrainé par deux députés européens, nous en avons eu trois. J’ai décidé d’ajouter à mes dix sculptrices, une artiste d’un pays tiers, ce fut la Slovénie qui se joignit à nous, heureuse de pouvoir entrer au Parlement Européen de Bruxelles, grâce à la culture, avant l’heure.  L’exposition a duré cinq jours au parlement Européen de Bruxelles, un mois à la Commission Européenne, quinze jours à l’Orangerie du Sénat, quinze jours au Centre culturel des finances de Bercy.

En 2001, j’ai préparé une exposition en hommage à Marie de Magdala à l’église de la Madeleine de paris. Trente- trois artistes ont répondu présent. Cette exposition a obtenu les faveurs de l’association Sept Arts et Plus, présidée par Catherine Hertault qui  m’a proposée de l’inclure dans un événement en faveur de la Paix en Israël ; Embarquement pour la paix.  Deux ans plus tard, en plein conflit, ayant obtenu difficilement le feu vert de Michel Barnier, alors Ministre des Affaires Etrangères et sous la protection de Nissim Svili – Ambassadeur d’Israël à Paris- et de Leïla Chaïd, nous sommes parties après avoir convaincue la navigatrice Florence Arthaud de porter les couleurs de Marie de Magdala, jusqu’en Israël et Palestine. L’opération s’est conclue par une vente aux enchères sous le marteau de Pierre Cornette de saint-Cyr, à l’hôtel George V. L’argent recueilli a été partagé pour la culture, afin de couvrir deux programmes de clowns pour un hôpital de Tel Aviv, et côté Palestine, deux harpes ont été livrées aux enfants des camps de réfugiés.

Toujours en 2001, j’ai fondé l’association Un Point Rouge Pour La Vie, afin de mettre en lumière l’émergence artistique.

En 2002, j’ai rejoint  l’équipe du Centre Culturel de mon amie Christiane Peugeot,  suite à une demande de commissariat au profit de la défense de la cause animale,  avec le regretté Roger Serieys. Ainsi est né «Pas si bête », événement qui s’est tenu sous mon commissariat durant 11 ans chaque  mois de mai et dont la Marraine était la comédienne Corinne le Poulain.

2003 et 2004, je suis entrée comme vacataire au Ministère de la Culture (CNC et service juridique rue des Pyramides)  puis au Musée Guimet.

De 2005 à 2009, j’ai travaillé comme attachée de presse dans la galerie Harraca place des Vosges, j’y étais chargée d’organiser des soirées littéraires et autres prestations, comme les cinquante ans du Bolchoï à Paris et d’y accueillir le Printemps des Poètes

2010 En apprenant le séisme survenu en Haïti, je me suis mise au travail toute la nuit afin de monter un dossier qui réunirait des œuvres au profit des sinistrés. Dès le lendemain, j’ai obtenu la grande salle de Drouot Montaigne, la présence de Pierre Cornette de Saint Cyr et le partenariat de la Croix Rouge, la présence de l’Ambassadeur d’Haïti et une centaine d’œuvres offertes avec générosité par les artistes. L’argent collecté a été immédiatement acheminé sur place, transformé en tentes et prothèses pour les blessés. Traçabilité avérée par la croix rouge française.

Parallèlement, j’organisais autour et intra- muros de l’église de la Madeleine : Les Stèles de la création, symposium qui allait durer tout l’été. Invité d’honneur, Louis Derbré.

Je suis également vice-présidente en charge de la culture de l’association Vivent les Femmes  (VLF), présidée par Alice-Benhamou Panetta. J’y organise depuis 2008, Le Cri des Sirènes, événement consacré à la mer et aux océans, en collaboration avec mon ami patrice Hernu: Les artistes invités, Ben Vautier, Jean-Marc Barr, Yann Arthus Bertrand, Remi Rebillard…

En 2013, je propose à la chaîne BDM TV, mon projet d’émission Secrets d’Ateliers, qui consiste à mettre en lumière des artistes issus de toute diversité. Le projet  est accepté. Quatre pilotes ont été réalisés et télévisés.

En 2013, je collabore au nouveau mouvement artistique les Obsidiens, insufflé par la plasticienne Josette Rispal, en compagnie de la librairie du BHV, l’équipe du musée d’Orsay, des éditions Onze-Treize,  de la revue Artension et la galerie les yeux fertiles.

Depuis le printemps 2012, je suis la rédactrice en chef de Saisons de Culture, revue culturelle en ligne. C’est mon travail au quotidien. Je rédige les éditoriaux ainsi que les grands portraits qui paraîtront dans un livre publié aux éditions éponymes et dirige les comités de rédaction au Café de Flore chaque trimestre.

En 2014, j’ai été contactée par l’équipe de Kenzo, pour participer à la mémoire des victimes de Fukushima. J’ai à nouveau fait appel à mes amis artistes pour dessiner ou peindre sur des poupées japonaises qui ont été exposées et vendues aux enchères à l’hôtel de Ville de Paris. J’ai moi-même écrit un poème sur l’une d’entre elles. Les autres artistes étaient : Inès de La Fressange, Jean Reno, Kenzo, Sonia Ryckiel, Paul Bocuse…

En 2016,  les éditions Unicité ont publié un recueil de poésie consacré à la gourmandise, illustré par Sophie Sainrapt et préfacé par Jean-Claude Dreyfus. Confis toi à été repris en 2017 par les éditions du Renard Pâle, sous le titre : Confitures Libertines. Toujours illustré par Sophie Sainrapt.

De nouveau appelée à la Madeleine pour scénographies  l’installation monumentale; L’Humanité  de Josette Rispal de mars à novembre 2016,  je fus également coordinatrice et attachée de presse de cet événement.

Aujourd’hui, à la demande d’Alin Avila, je rédige le texte de l’ouvrage de bibliophilie : La  Constellation Rispal, qui paraîtra en mai 2018 eux éditions Area.

En 2016, la Ministre de la Culture Audrey Azoulay m’as remis les insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Œuvres

 

 

Fruits défendus
Les fruits  de nos fantasmes sont les raisins de la raison
La chaleur de ta peau accueille le frisson
Avant que chair à chair
Les sexes cajolés se lâchent
Le raisin des amants ne se repose pas
Il se laisse croquer
Aux supplices de tentale assouvis
L’abricot rebondi offre sa sève aux dieux
Il s’ouvre
Dans un spasme non écrit
Et le dessin des seins, pommes d’amour, conférence
Ou poire de Williams
Et framboises érectiles
Pointe deux pyramidions entre tes doigts habiles
Les fentes et les tiges
Pépins de Mélusine en déshabillé sucré -salé
Se mêlent et s’enlacent
Oser les prunes lisses
Et dégager la peau
Du fruit qui tend son âme
Si haut
Passer à la casserole et rougir de plaisir
Mélanger chairs et queues
Des cerises brûlantes
Fremir, frémir, frémir sous la caresse des yeux aux cernes délicieux
Quand la figue dévoile ses secrets abyssaux
Derrière un rideau de rhubarbe
Les cheveux
Coulée de toi
Gelée sucrée de corps à corps
À la sources des songes érotiques et fruités
La volupté
La gourmandise serait péché?
Alors l’autre pêcher
Au fruit sexuellement velouté
Au noyau si bien attaché
Nectar, rectitude, douceur…
Et conclusion céleste
Le citron archaïque et la fraise tectonique
Prunelle dilatée et amande honorée
Explosent
C’est Sophie qui dessine et c’est toi qui me sculpte
Jusqu’à épuisement
Au jardin des délices
Des amants.
Mylène Vignon

 

Vernissage et exposition

Le vernissage aura lieu le mardi 10 avril 2018 à partir de 19h au bar La Vénus Noire, 25 rue de l’hirondelle, Paris 6-ème. Entrée libre. Plus de renseignements ici.

L’exposition sera en place jusqu’au  30 avril 2018.


Calendrier des prochaines expositions